Les enfants exposés à la violence conjugale

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Cycle

[Références]

Dans de nombreuses situations de violence conjugale, un cycle de quatre phases s’installe :

 

  • Le cycle de la violence conjugale est un cercle vicieux répétitif et évolutif. Plus le cycle se répète, plus les épisodes de violence sont sévères. Les conséquences de la violence exercée par le conjoint ayant des comportements violents deviennent donc de plus en plus importantes pour la victime et celle-ci se responsabilise de plus en plus.
  • La victime devenant de plus en plus sous son emprise, le conjoint ayant des comportements violents justifie de moins en moins ses agressions, ce qui a pour effet de raccourcir progressivement les périodes de justifications et de lune de miel, qui peuvent même disparaître complètement (Réf.).

Climat de tension (escalade de la violence)

Tension du conjoint ayant des comportements violents

Le conjoint ayant des comportements violents, par ses paroles et ses attitudes, installe un climat de tension dans la maison. Il peut par exemple regarder la femme de façon méprisante ou menaçante, démontrer des signes d’impatience, adopter un ton agressif ou encore faire subir à la femme de longs silences qui lui font redouter le pire.

  • Les prétextes adoptés par le conjoint ayant des comportements violents pour justifier cette tension peuvent être nombreux : 
    • au départ, ils sont plutôt centrés sur des éléments externes tels que le travail, l’alcool, le stress ou la maladie;
    • plus le cycle se répète, plus celui-ci blâme la femme et sa « mauvaise » gestion de différents aspects de la vie de couple (finances, éducation des enfants, etc.);
    • en dernier lieu, la soi-disant  « incompétence » de la femme sert de prétexte au conjoint ayant les comportements violents. Il accuse alors la femme d'être entièrement responsable de la tension existant à la maison (Réf.).

Peur de la conjointe

La femme vivant de la violence conjugale sait que ce climat de tension ne durera pas et que la violence éclatera éventuellement. Elle devient donc très anxieuse et tente par tous les moyens de diminuer la tension de son conjoint.

  • Elle essaie alors de faire plaisir à son conjoint. Elle surveille ses gestes et ses paroles en sa présence et elle s’occupe des enfants afin qu’ils ne le dérangent pas. La femme peut ainsi s’oublier et devenir totalement centrée sur les besoins et les désirs de son mari (Réf.).

 

Rôle possible de l’enfant à cette étape : le gardien de la paix

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Crise (éclatement de la violence)

Agression du conjoint  ayant des comportements violents

Le conjoint pose alors un acte de violence.

  • Contrairement à ce que l’on pourrait croire, celui-ci ne perd pas la maîtrise de lui-même, mais prend le contrôle de la situation. Plus le cycle se répète, plus les épisodes de violence sont fréquents et dangereux (Réf.).


Colère ou tristesse de la femme
  • À la suite de l’agression de son conjoint, la femme peut se sentir humiliée, outragée, démolie intérieurement et impuissante face à la situation.
  • Elle peut aussi être blessée physiquement et avoir besoin de soins médicaux (Réf.).

Rôles possibles de l’enfant à cette étape : le pacificateur, ou le protecteur

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Responsabilisation de la victime (justifications)

Invalidation du conjoint ayant des comportements violents

Le conjoint ayant des comportements violents se déresponsabilise face à son comportement violent et tente de l’invalider :

  • il peut simplement ne pas reconnaître ses gestes violents;
  • il peut aussi minimiser la gravité de la situation et de ses comportements violents;
  • il peut également prétexter que son comportement violent a été causé par ses problèmes d’alcool, de drogue ou de surconsommation de médicaments;
  • il peut même en venir à blâmer sa conjointe. Il peut par exemple affirmer qu’elle le provoque par ses attitudes ou ses comportements, qu’elle « le pousse à bout » (Réf.).

Responsabilisation de la femme

Face à toutes ces justifications, la femme peut se percevoir comme étant responsable de la violence exercée par son conjoint. Elle peut également croire que la violence cesserait si elle modifiait ses attitudes ou ses comportements.

  • Plus le cycle se répète, plus la femme est susceptible de se sentir incompétente et de se responsabiliser face à la violence exercée par son conjoint (Réf.).

Rôles possibles de l’enfant à cette étape : l’agent double, l’éducateur ou le sauveur

 

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Lune de miel (rémission)

Rémission du conjoint ayant des comportements violents

Il s’agit d’une période d’accalmie.

  • Le conjoint ayant des comportements violents affirme alors qu’il a des regrets et qu’il veut se réconcilier. Il demande pardon à sa conjointe, promet qu’il ne recommencera pas et peut même accepter d’aller en thérapie conjugale si sa femme lui en fait la demande.
  • Ce dernier redevient très amoureux. Il achète souvent des cadeaux à sa conjointe, la complimente et lui fait de nombreuses promesses (Réf.).

Espoir de la femme

  • Cette période de calme entretient chez la femme un seuil élevé de tolérance à la violence puisque son conjoint nourrit son espoir en lui laissant croire qu’il ne sera plus violent.
  • La femme se sent aimée et appréciée. Elle retrouve confiance en sa vie de couple.
  • Plus le cycle se répète, plus la période de lune de miel se raccourcit, jusqu’à devenir inexistante (Réf.).

 

Rôles possibles de l’enfant à cette étape : l’agent double, l’éducateur ou le sauveur

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