Les enfants exposés à la violence conjugale

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Ses expériences

[Références]

Le secret

  • De façon générale, la violence conjugale est gardée secrète et les enfants y étant exposés sont souvent clairement avertis qu’ils ne doivent pas révéler à quiconque la présence de cette violence. Ces enfants doivent ainsi sceller leurs souvenirs et ne pas aborder le sujet, bien que les conséquences de la violence continuent d’affecter leur vie quotidienne.
  • Comme le secret de la violence est gardé aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la famille, l’enfant qui désire comprendre la situation et ses sentiments face à celle-ci est forcé de le faire seul, ce qui augmente son sentiment d’isolement (Réf.).
  • Cette situation peut présenter des risques émotionnels et physiques pour les enfants, les jeunes n’étant pas totalement conscients de la sévérité de la violence ni du risque actuel ou du potentiel de danger physique y étant associé.
  • Émotionnellement, le secret réitère le sentiment d’irréalité associé à la violence et diminue la capacité des enfants à faire face au danger imminent lui étant associé.
  • Les jeunes peuvent en venir à la conclusion qu’il est risqué d’admettre la présence de violence au sein de leur famille et peuvent ainsi préférer faire comme s’ils étaient sourds et muets face à cette situation.

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Les conflits de loyauté

En général, en raison de l’affection et des soins reçus, les enfants éprouvent de l’amour et un désir d’être loyaux envers leurs parents. Toutefois, la situation de violence conjugale entre leurs parents peut faire vivre aux enfants différents dilemmes affectifs; ils peuvent alors se sentir constamment déchirés entre leurs deux parents.

  • D’un côté, la souffrance de leur mère peut entraîner un sentiment d’empathie chez ces enfants, qui peuvent alors ressentir de la colère envers leur père en raison de ses comportements violents.
  • D’un autre côté, les jeunes peuvent percevoir leur mère comme étant faible et éprouver du mépris envers cette dernière. Ils peuvent alors percevoir leur père comme la personne détenant le pouvoir dans la famille, ce qui peut provoquer l’admiration des enfants.
  • Parfois, la mère peut aussi désirer quitter cet environnement violent et les enfants peuvent alors percevoir celle-ci comme la cause de la séparation de la famille et se ranger du côté de leur père.
  • Les enfants peuvent donc éprouver des sentiments contradictoires alternants fréquemment entre l’amour et la haine, l’attachement et le détachement, la proximité et le rejet à l’égard de l’un ou l’autre de leurs parents (Réf.).
    • Par ailleurs, cette ambivalence est un processus normal du développement caractérisant le plus souvent les enfants autour de deux ans. Chez les enfants exposés à la violence conjugale, l’ambivalence est nettement présente et ce, à tous les âges(Réf.).
  • Le conflit de loyauté des enfants exposés à la violence conjugale peut aussi être engendré ou amplifié, volontairement ou involontairement, par l’un ou l’autre des parents(Réf.).
  • Les parents peuvent au contraire contribuer à diminuer l’intensité du conflit de loyauté de leurs enfants, notamment par l’intermédiaire de pratiques parentales positives et soutenantes.

  • Si l’exposition à la violence conjugale perdure, le conflit de loyauté de l’enfant peut devenir de plus en plus intense et ce jusqu’à devenir carrément insoutenable. L’enfant peut alors prendre position pour l’un ou l’autre de ses parents afin d’atténuer l’intensité de ses émotions déchirantes (Réf.).

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La crainte et la terreur

  • Le climat familial qu’engendre la violence conjugale amène également plusieurs enfants à ressentir de la peur et de la terreur, craignant alors pour leur propre sécurité et celle de leur mère. Ces émotions sont particulièrement présentes lorsque le jeune prend position pour la victime.
  • L’enfant perçoit alors sa famille comme étant divisée entre l’abuseur contrôlant et cruel, habituellement le père, et la victime, souffrante et sans ressource, souvent la mère.
  • Les jeunes vivant une telle crainte peuvent conclure que le monde est un lieu dangereux et terrorisant.
  • Ils sont d’ailleurs susceptibles d’éprouver des sentiments d’impuissance, de dépression et d’adopter des comportements introvertis, de méfiance ou d’hypervigilance (Réf.).

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Un contexte de domination et d’agressivité

Il est aussi probable que le jeune prenne position en faveur du conjoint exerçant la violence et reproduise dans ses relations interpersonnelles, actuelles et futures, les comportements de domination et d’agression appris au sein de sa famille.

  • Les enfants s’alliant à leur père éprouvent de l’admiration envers la supériorité de ce dernier. Ils développent une vision dichotomique des conflits, caractérisée par la présence de gagnants et de perdants, et en viennent à concevoir la violence comme un moyen légitime d’obtenir la victoire lors de désaccords. La rage et la colère sont des éléments centraux du vécu émotionnel de ces jeunes.
  • Les enfants ayant intégré ce modèle sont également susceptibles de devenir eux-mêmes des agresseurs dans leurs futures relations intimes(Réf.).

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