Les enfants exposés à la violence conjugale

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Ses caractéristiques et comportements

[Références]

Âge

L’exposition à la violence conjugale semble affecter plus fortement les enfants d’âge préscolaire. Ces derniers souffriraient en effet de problèmes plus intenses que les enfants plus vieux (Réf). Les symptômes de stress post-traumatique des enfants d’âge préscolaire sont également plus prononcés que ceux observés chez les enfants plus vieux (Réf.).

  • Ce résultat peut s’expliquer de différentes manières :
    • les enfants d’âge préscolaire ont de moins bonnes stratégies d’adaptation;
    • ils ont une moins bonne capacité de contrôle sur leurs émotions;
    • leur identification aux parents est à son maximum;
    • ils sont plus susceptibles d’être témoins d’épisodes de violence conjugale que les enfants plus âgés. Les jeunes enfants passent en effet généralement plus de temps avec leurs parents étant donné qu’ils ne vont pas encore à l’école;
    • ils ont une moins grande capacité à symboliser, soit à condenser en symboles et à transformer avec leur imaginaire les éléments traumatisants subis à travers la violence (Réf.).
  • Cependant, certaines études suggèrent que les enfants d’âge scolaire seraient plus susceptibles de développer des problèmes nécessitant un soutien clinique. En fait, bien que les jeunes enfants puissent avoir plus de difficulté à composer avec la violence, les enfants plus âgés sont de leur côté plus susceptibles de mieux comprendre la signification de la violence et de ressentir davantage de culpabilité et de colère face à sa présence dans leur famille (Réf.).

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Sexe

Les résultats d’études concernant l’impact du sexe sur les problèmes vécus par les enfants exposés à la violence conjugale sont contradictoires.


  • Certaines études démontrent que les garçons sont plus fortement affectés par leur exposition à la violence conjugale, ceux-ci développant plus de problèmes internalisés et externalisés que les filles.
    • Ces résultats s’expliqueraient par le fait que les garçons sont plus vulnérables aux stresseurs psychosociaux que les filles (Réf.).
  • D’autres études suggèrent cependant que les garçons exposés vivent plus de problèmes extériorisés, particulièrement des problèmes de comportement, tandis que les filles souffrent davantage de problèmes internalisés (Réf.).
    • Les garçons seraient en fait plus susceptibles de répondre à la violence par la colère et l’agression alors que les filles inhiberaient davantage leurs comportements et vivraient plus de détresse(Réf).
  • En contraste, d’autres études concluent que les filles exposées à la violence conjugale sont plus susceptibles de développer davantage de problèmes internalisés et externalisés que les garçons.

    • Ce résultat est ici expliqué par le fait que les filles seraient plus sensibles aux indices affectifs, plus susceptibles de s’identifier à leur mère et de développer une identité de victime (Réf.).
  • Certaines études réalisées plus récemment n’arrivent cependant pas aux mêmes conclusions, les filles et les garçons étant, selon ces derniers résultats, également affectés par leur exposition à la violence conjugale (Réf.).

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Sentiment de compétence

Le sentiment de compétence fait référence à la perception qu’a l’enfant de ses propres compétences physiques et sociales, ce qui renvoie, de façon plus globale, à son sentiment de valeur personnelle (Réf.).

  • Selon une étude menée par Fortin et ses collaboratrices (2002), le sentiment de compétence ressenti par les enfants est hautement protecteur et constitue même le facteur de protection le plus puissant en situation de violence conjugale (Réf.).

 

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Stratégies d’adaptation

Les enfants exposés à la violence conjugale tentent de s’adapter à cette situation par l’intermédiaire de diverses stratégies. L’enfant peut adopter un comportement de retrait face à la situation ou, au contraire, tenter d’intervenir directement et de s’interposer entre ses parents (Réf.).


  • Ces deux stratégies d’adaptation peuvent être favorables ou nuisibles à l’adaptation de l’enfant tout dépendant de l’interprétation de l’enfant et de la signification que ce dernier attribue à sa conduite.
  • Les enfants utilisant le retrait au moment des épisodes de violence vont tenter de s’éloigner et de se distraire, par exemple en allant écouter de la musique dans leur chambre.
    • Lorsque ce comportement provoque un sentiment de protection et que le jeune a confiance en ses habiletés à s’aider lui-même, ce retrait est associé à une diminution des symptômes dépressifs de l’enfant.
    • À l’opposé, ce même comportement peut augmenter les difficultés de l’enfant lorsqu’il lui fait vivre des sentiments de perte d’amour, d’abandon ou de culpabilité de ne pas avoir pu protéger sa mère (Réf).
  • Les enfants exposés à la violence conjugale peuvent aussi intervenir directement pour faire cesser les épisodes de violence.
    • Pour certains, cela provoque de la frayeur et de la culpabilité face à leur incapacité de faire cesser la violence, ce qui risque d’augmenter les difficultés d’adaptation de ces enfants.
    • Le fait d’intervenir peut par contre avoir comme effet de diminuer le sentiment d’impuissance que ces enfants ressentent face à la situation, ce qui peut améliorer l’état de ces jeunes (Réf).

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